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Plan Trump pour Gaza : pourquoi le "non" d'Israël est un acte de lucidité, pas d'ingratitude

Pendant que Hamas dit oui avec le sourire et que Washington s'agace, Jérusalem refuse un plan présenté en grande pompe. Ce refus n'est pas un caprice diplomatique : c'est la preuve qu'Israël a compris ce que d'autres refusent encore de voir.

·Source : JTA

Le président Trump a dévoilé son plan pour Gaza avec toute la théâtralité qu'on lui connaît. Quelques heures plus tard, Hamas annonçait l'accepter. Israël, lui, a dit non. Résultat : une colère à peine voilée de responsables américains, qui voient dans ce refus un camouflet diplomatique.

Mais regardons les choses en face : quand un groupe terroriste qui a massacré, violé et pris en otages des civils le 7 octobre applaudit un plan de paix avant même que ses termes soient pleinement digérés par Israël, la prudence n'est pas de l'ingratitude, c'est de la survie. Hamas n'a jamais accepté un accord qu'il ne pouvait pas retourner à son avantage. Son empressement à dire oui devrait alarmer, pas rassurer.

Ce qui se joue ici dépasse largement la mécanique d'un cessez-le-feu. Israël a payé, depuis des décennies, le prix fort de plans "généreux" négociés sans lui, ou contre son avis initial, qui se sont retournés contre sa sécurité : Oslo, le retrait de Gaza en 2005, tant d'autres promesses de paix qui ont fini en roquettes. Chaque fois, la communauté internationale a exigé qu'Israël dise oui vite, pour "ne pas rater une fenêtre historique". Chaque fois, c'est Israël qui a enterré ses morts après.

Ce qui se joue ici dépasse largement la mécanique d'un cessez-le-feu.

Le vrai scandale n'est donc pas le refus israélien : c'est la vitesse à laquelle Washington, dans sa quête légitime de fin de guerre, a pu se laisser doubler par la communication d'un groupe terroriste. Hamas a compris, mieux que certains diplomates américains, que dire "oui" en public coûte peu et rapporte gros en pression médiatique sur Israël.

L'angle que peu soulignent : ce moment révèle une fracture silencieuse entre l'agenda électoral américain, qui a besoin d'une victoire diplomatique rapide et photogénique, et la temporalité israélienne, qui se compte en vies de civils et en sécurité à long terme. Netanyahu n'a pas seulement dit non à un texte. Il a dit non à l'idée que la paix se décrète dans un studio de communication plutôt que dans les clauses de sécurité, de désarmement et de garanties vérifiables.

Ce refus coûtera peut-être cher en relations publiques. Mais l'histoire jugera qui, de Jérusalem ou de ceux qui l'ont pressée d'applaudir trop vite, avait raison de se méfier des plans acceptés en un clin d'œil par ceux qui ont juré la destruction d'Israël.

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