Israël lance une campagne pour corriger la façon dont les intelligences artificielles le décrivent. Derrière l'anecdote technologique, un enjeu existentiel : celui qui écrit les données d'aujourd'hui écrira l'opinion mondiale de demain.
Israël vient de lancer une campagne inédite : influencer la manière dont les grandes intelligences artificielles — ChatGPT, Gemini, Claude et les autres — perçoivent et décrivent l'État hébreu. L'initiative part d'un constat simple : des millions de personnes ne s'informent plus via les journaux ou les moteurs de recherche, mais en posant directement des questions à une IA. Et la réponse de l'IA dépend entièrement du corpus sur lequel elle a été entraînée.
Or ce corpus, c'est l'internet tel qu'il existe. Un internet où les narratifs hostiles à Israël sont surreprésentés, où des ONG militantes produisent des rapports à la chaîne, où certaines agences de presse relaient sans distance la terminologie du Hamas, et où le volume de contenus anti-israéliens dépasse mécaniquement celui des contenus factuels ou favorables. Une IA n'a pas d'opinion : elle a une moyenne. Et quand la moyenne du web est biaisée, la « neutralité » algorithmique devient un biais institutionnalisé.



