Pendant que huit capitales musulmanes condamnent Israël au micro, l'Arabie saoudite réécrit discrètement ses manuels scolaires. C'est là, dans les salles de classe de Riyad, que se joue la vraie bataille : celle des générations futures.
L'information est passée presque inaperçue dans le fracas des communiqués diplomatiques : selon plusieurs analyses de contenus pédagogiques, les manuels scolaires saoudiens se débarrassent progressivement de l'expression « ennemi sioniste » et des passages les plus hostiles à Israël et aux Juifs. Une évolution entamée depuis plusieurs années et qui se confirme, alors même que la guerre à Gaza aurait pu fournir tous les prétextes pour un retour en arrière.
Il faut mesurer ce que cela signifie. L'Arabie saoudite n'est pas n'importe quel pays : c'est le gardien des lieux saints de l'islam, la référence religieuse et éducative d'une grande partie du monde musulman. Ses manuels ont longtemps été des vecteurs d'antisémitisme décomplexé, exportés bien au-delà de ses frontières. Que Riyad choisisse, précisément maintenant, de poursuivre ce nettoyage idéologique en dit plus long que mille déclarations à l'ONU.



