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Israël

Quand Riyad efface « l'ennemi sioniste » de ses manuels : la normalisation commence à l'école

Pendant que huit capitales musulmanes condamnent Israël au micro, l'Arabie saoudite réécrit discrètement ses manuels scolaires. C'est là, dans les salles de classe de Riyad, que se joue la vraie bataille : celle des générations futures.

·Source : IsraJ

L'information est passée presque inaperçue dans le fracas des communiqués diplomatiques : selon plusieurs analyses de contenus pédagogiques, les manuels scolaires saoudiens se débarrassent progressivement de l'expression « ennemi sioniste » et des passages les plus hostiles à Israël et aux Juifs. Une évolution entamée depuis plusieurs années et qui se confirme, alors même que la guerre à Gaza aurait pu fournir tous les prétextes pour un retour en arrière.

Il faut mesurer ce que cela signifie. L'Arabie saoudite n'est pas n'importe quel pays : c'est le gardien des lieux saints de l'islam, la référence religieuse et éducative d'une grande partie du monde musulman. Ses manuels ont longtemps été des vecteurs d'antisémitisme décomplexé, exportés bien au-delà de ses frontières. Que Riyad choisisse, précisément maintenant, de poursuivre ce nettoyage idéologique en dit plus long que mille déclarations à l'ONU.

Car voilà le paradoxe que la presse généraliste ne souligne pas : les mêmes jours où huit pays musulmans signaient un communiqué accusant Israël de bloquer la paix à Gaza, la puissance sunnite dominante préparait, elle, le terrain culturel d'une normalisation de long terme. La condamnation publique est le prix diplomatique du moment ; la réforme des manuels est l'investissement stratégique. L'une parle à la rue arabe d'aujourd'hui, l'autre façonne celle de demain.

Pour Israël et pour les Juifs, c'est une victoire silencieuse mais peut-être la plus importante de la décennie. Les accords d'Abraham ont montré qu'on pouvait signer des traités ; l'expérience a aussi montré que les traités sans travail des mentalités restent fragiles. La paix avec l'Égypte a cinquante ans et demeure glaciale, parce que les écoles égyptiennes n'ont jamais cessé d'enseigner la méfiance. Riyad semble avoir compris la leçon : on ne normalise pas des États, on normalise des enfants.

Riyad semble avoir compris la leçon : on ne normalise pas des États, on normalise des enfants.

Et c'est ici que s'ouvre la perspective que personne ne formule : si la matrice éducative saoudienne se détoxifie, c'est tout l'écosystème pédagogique du monde sunnite qui pourrait suivre, par imitation ou par influence. Le jour où un accord Israël-Arabie saoudite sera signé — et il le sera —, il ne naîtra pas dans le vide : une génération d'élèves saoudiens aura déjà grandi sans apprendre à haïr. C'est peut-être cela, la véritable définition de la victoire stratégique d'Israël : ne plus être « l'ennemi » dans le manuel, avant même d'être un partenaire sur la carte.

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