Une septième session de pourparlers israélo-libanais s'ouvre à Rome, tandis que l'armée libanaise saisit des armes et que le Hezbollah dénonce toute négociation directe. Ce n'est pas un détail diplomatique : c'est le signe que la doctrine de la « résistance » est en train de perdre son monopole sur le Liban.
Les faits d'abord. Une nouvelle session de discussions entre Israël et le Liban s'est ouverte à Rome — la septième du format. En parallèle, l'armée libanaise annonce des saisies d'armes, tandis que le Hezbollah martèle que des négociations directes avec Israël n'apporteraient au Liban que « honte et humiliation ». Son chef, dans le même mouvement, se dit ouvert à une rencontre avec le nouveau pouvoir syrien. Beaucoup de bruit pour un acteur qui, hier encore, dictait seul l'agenda de Beyrouth.
Ce télescopage dit tout. Le Hezbollah ne parle plus depuis une position de force : il parle depuis la défensive. Sa grammaire — l'honneur, la honte, l'humiliation — est celle des vaincus qui doivent expliquer pourquoi ils ne peuvent pas s'asseoir à la table. Car sur le fond, l'organisation n'a plus d'argument : elle a entraîné le Liban dans une guerre que personne au pays ne voulait, elle a perdu son commandement, ses stocks, son corridor syrien, et elle n'a rien obtenu pour Gaza. Quand la seule chose que vous pouvez encore offrir à votre peuple, c'est le refus de discuter, vous n'êtes plus une avant-garde : vous êtes un obstacle.
Le Hezbollah ne parle plus depuis une position de force : il parle depuis la défensive.


