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Israël

Rome : pendant que le Hezbollah crie à l'« humiliation », le Liban négocie avec Israël

Une septième session de pourparlers israélo-libanais s'ouvre à Rome, tandis que l'armée libanaise saisit des armes et que le Hezbollah dénonce toute négociation directe. Ce n'est pas un détail diplomatique : c'est le signe que la doctrine de la « résistance » est en train de perdre son monopole sur le Liban.

Les faits d'abord. Une nouvelle session de discussions entre Israël et le Liban s'est ouverte à Rome — la septième du format. En parallèle, l'armée libanaise annonce des saisies d'armes, tandis que le Hezbollah martèle que des négociations directes avec Israël n'apporteraient au Liban que « honte et humiliation ». Son chef, dans le même mouvement, se dit ouvert à une rencontre avec le nouveau pouvoir syrien. Beaucoup de bruit pour un acteur qui, hier encore, dictait seul l'agenda de Beyrouth.

Ce télescopage dit tout. Le Hezbollah ne parle plus depuis une position de force : il parle depuis la défensive. Sa grammaire — l'honneur, la honte, l'humiliation — est celle des vaincus qui doivent expliquer pourquoi ils ne peuvent pas s'asseoir à la table. Car sur le fond, l'organisation n'a plus d'argument : elle a entraîné le Liban dans une guerre que personne au pays ne voulait, elle a perdu son commandement, ses stocks, son corridor syrien, et elle n'a rien obtenu pour Gaza. Quand la seule chose que vous pouvez encore offrir à votre peuple, c'est le refus de discuter, vous n'êtes plus une avant-garde : vous êtes un obstacle.

Le Hezbollah ne parle plus depuis une position de force : il parle depuis la défensive.

Pour Israël, la leçon mérite d'être dite clairement, parce que la presse généraliste la dit rarement : c'est la pression militaire, et non les appels à la retenue, qui a créé les conditions de ces pourparlers. Sept sessions à Rome n'existeraient pas sans la destruction de l'appareil militaire du Hezbollah et sans la chute de la voie d'approvisionnement iranienne via la Syrie. La diplomatie ne remplace pas la dissuasion : elle en est le produit.

L'angle que personne ne souligne, le voici. Le vrai enjeu de Rome n'est pas la ligne frontalière, ni même les armes saisies. C'est un précédent de souveraineté : pour la première fois depuis des décennies, l'État libanais négocie **en son nom**, pas comme façade d'une milice. Si ce précédent tient, le modèle iranien de « l'État parallèle » — armé, transnational, indéboulonnable — subit sa première défaite non par les bombes, mais par la procédure. Et c'est précisément pour cela que le Hezbollah tend la main à Damas : il ne cherche pas un partenaire, il cherche un nouveau corridor.

Israël n'a pas à se bercer d'illusions : ces pourparlers n'apporteront ni amour ni normalisation immédiate. Mais un voisin qui négocie est un voisin qui rend des comptes. Après le 7 octobre, c'est déjà un changement de monde — et il faut le consolider, pas le brader.

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