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« Soit je meurs, soit ce sont ces salauds » : Téhéran condamne à mort une blogueuse de 33 ans, et avoue sa peur

Marziyeh « Sevda » Ebrahimi Shamsabadi a été condamnée à mort à Bandar Abbas pour avoir « insulté » le Guide suprême et envoyé des photos à des médias de l'étranger. Derrière son cas, 950 exécutions depuis janvier. Un régime qui tue à cette cadence ne montre pas sa force : il confesse qu'il a perdu son peuple, et c'est cela qu'Israël doit entendre.

·Source : i24NEWS

Elle s'appelle Marziyeh Ebrahimi Shamsabadi, « Sevda » pour ses 10 000 abonnés. Elle a 33 ans, elle a grandi à Téhéran et vivait à Bandar Abbas, le grand port du sud de l'Iran. La 3e chambre du tribunal révolutionnaire de cette ville l'a condamnée à mort, révèle Iran International, repris par i24NEWS. Les chefs d'accusation tiennent en une phrase : insulte au Guide suprême, « activité médiatique et de propagande contre la sécurité nationale », renseignement au profit de « gouvernements hostiles », et, le plus révélateur, avoir pris et envoyé des photographies à des médias persanophones de l'étranger.

Le tribunal y a ajouté, comme pour meubler, deux à cinq ans de prison, une interdiction de certains services publics et la confiscation de ses biens. Son avocat a été notifié de la sentence le 23 août. Avant cela : vingt jours d'isolement total, des interrogatoires sous « forte pression », une famille sans la moindre nouvelle. Détenue depuis mars, elle avait laissé le 23 février un dernier message sur Instagram, sous l'image d'une colombe et d'une rose rouge : « Si un jour je quitte ce monde, sachez une chose : j'ai choisi la voie en laquelle je croyais. »

Le juge qui l'a condamnée s'appelle Khajeh-Hassani. Le détail qui glace : la hiérarchie judiciaire l'avait félicité pour son grand nombre de verdicts. En République islamique, un magistrat est un ouvrier payé à la pièce, et la pièce, c'est une vie.

Le détail qui glace : la hiérarchie judiciaire l'avait félicité pour son grand nombre de verdicts.

Car Sevda n'est pas un cas isolé, elle est un point sur une courbe. Le centre Abdorrahman Boroumand a documenté 950 exécutions en Iran depuis le 1er janvier 2026, dont au moins 20 femmes et 30 manifestants. Selon Iran Human Rights, 29 personnes arrêtées lors des manifestations de janvier ont été exécutées depuis le 19 mars, ainsi que deux protestataires du mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022, quatre ans après les faits. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, l'écrit sans détour : Téhéran exécute pour « instiller la peur dans la population et étouffer la dissidence ».

Voilà ce que ce chiffre dit, et que les chancelleries refusent d'entendre. Un pouvoir qui se sent solide n'a pas besoin de 950 exécutions en huit mois. On n'instille pas la peur à un peuple qu'on tient ; on le fait quand on sait qu'on l'a perdu. Chaque sentence du juge Khajeh-Hassani est un aveu. Le régime qui promet la destruction d'Israël est en guerre sur son propre sol, contre ses propres enfants, et c'est la seule guerre qu'il ne pourra jamais gagner à coups de missiles.

Pour Israël, la leçon est double. D'abord, ce régime ne mérite ni normalisation ni indulgence, et sûrement pas celles que certains réclament en Europe « au nom du peuple iranien » : le peuple iranien, c'est précisément Sevda, et c'est lui que le régime tue. Ensuite, et c'est ce que les analystes de la dissuasion négligent : le chef d'accusation le plus parlant n'est pas l'espionnage, c'est la photo envoyée à l'étranger. Téhéran ne craint pas seulement les avions ; il craint l'image qui sort. Un régime qui condamne à mort pour un cliché transmis à une chaîne persanophone avoue que sa frontière la plus fragile n'est pas le détroit d'Ormuz, c'est l'écran de ses citoyens.

Et si le jour d'après ne commençait pas sur une base aérienne, mais dans une cellule de Bandar Abbas ? La stratégie israélienne face à l'Iran se jugera aussi à sa capacité à distinguer, à chaque phrase, le régime de ceux qu'il exécute. Sevda l'avait écrit avant d'être arrêtée : « soit je meurs, soit ce sont ces salauds ». Le peuple juif, qui sait ce que pèse une voix isolée face à un appareil d'État, a une obligation minimale : que ce nom-là ne disparaisse pas dans la statistique.

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