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Israël

« Sur la même route que nous tous » : en Judée-Samarie, le fils de l'ambassadeur d'Israël à Washington grièvement blessé par une voiture-bélier

Le fils de l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis a été grièvement blessé dans une attaque à la voiture-bélier en Judée-Samarie, rapporte Le Monde. Derrière la dépêche, une vérité que la diplomatie israélienne porte dans sa chair : ceux qui représentent Israël dans le monde ont leurs enfants sur les routes du pays.

L'information est brute et, pour l'heure, elle tient en une phrase : le fils de l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis a été grièvement blessé dans une attaque à la voiture-bélier en Judée-Samarie, rapporte Le Monde. Le quotidien écrit, lui, « Cisjordanie ». Nous disons Judée-Samarie, parce que c'est le nom de ces collines depuis trois mille ans, et parce que le vocabulaire est le premier terrain où l'on cède ou où l'on tient.

Nous ne savons pas encore tout. Ni les circonstances précises, ni l'état exact du blessé au moment où ces lignes sont écrites. Midbar n'inventera rien : quand on n'a qu'une dépêche, on écrit court et on écrit juste. Mais ce que l'on sait suffit déjà à dire quelque chose d'essentiel.

D'abord sur l'arme. La voiture-bélier, c'est le terrorisme sans infrastructure : pas de tunnel, pas de roquette, pas de chaîne de commandement. Un volant, un accélérateur, une cible qui attend à un arrêt de bus ou marche au bord d'une route. Elle ne demande rien d'autre qu'une haine assez mûre pour transformer un objet du quotidien en projectile. C'est précisément pour cela qu'elle vise tout le monde : le soldat comme le lycéen, l'habitant d'un village comme le fils d'un diplomate. L'assaillant ne vérifie pas les papiers. Il voit un Juif.

Ensuite sur la cible, et c'est là que l'affaire dépasse le fait divers. L'homme qui représente Israël à Washington, la capitale de son allié le plus puissant, a un fils sur les routes de Judée-Samarie. Dans beaucoup de pays, les familles des ambassadeurs vivent loin des zones de friction, dans des quartiers protégés, à l'abri des nouvelles du front. En Israël, non. Le pays n'a pas de première classe : celui qui défend l'État dans les salons de la diplomatie américaine reçoit le même appel téléphonique que n'importe quelle mère du Néguev ou n'importe quel père de Samarie. C'est une vulnérabilité, diront certains. C'est en réalité la force la plus profonde de ce pays : ses représentants ne parlent pas d'Israël, ils en sont.

C'est en réalité la force la plus profonde de ce pays : ses représentants ne parlent pas d'Israël, ils en sont.

Il y a là une leçon pour ceux qui, à Paris ou à Bruxelles, aiment opposer un Israël « officiel », fréquentable, à un Israël « des colons », qu'il faudrait tenir à distance. Cette frontière n'existe pas dans les hôpitaux. L'ambassadeur qui plaidera demain la cause de son pays devant un sénateur américain le fera avec un fils blessé. Personne ne pourra lui dire qu'il ne sait pas de quoi il parle.

Et puis il y a nous, la diaspora. Ce soir, dans des synagogues de Sarcelles, de Strasbourg ou de Montréal, on dira un psaume pour un blessé dont la plupart d'entre nous ne connaissent pas le visage. C'est cela, « kol Israël arevim zé la zé » : la garantie mutuelle ne s'arrête pas à la carte de visite ni au lieu de résidence. Un Juif blessé sur une route de Samarie est un Juif blessé, point.

L'attaque visait à faire peur. Ce qu'elle produit, c'est l'inverse : elle abolit la distance entre Washington et les collines de Judée. Le représentant d'Israël dans le monde et le peuple qu'il représente viennent d'être rappelés à la même réalité, au même instant. À ceux qui nous voudraient divisés entre un Israël présentable et un autre qui ne le serait pas, la haine vient de répondre à notre place : elle ne fait aucune différence entre nous. Alors ne la faisons pas non plus. Refoua chlema.

#Israël#JudéeSamarie#Terrorisme#AmIsraelChai#Midbar

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