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Israël

Un général américain pour désarmer le Hamas : la manœuvre de Netanyahu qui change tout

En demandant qu'un général américain supervise la remise des armes du Hamas avant tout retrait israélien, Netanyahu ne délègue pas : il verrouille. Il transforme le désarmement, promesse floue du plan Trump, en condition vérifiable — et rend Washington comptable de son échec éventuel.

Selon un officiel israélien cité par le Times of Israël, Benyamin Netanyahu a demandé qu'un général américain supervise personnellement la remise des armes du Hamas à Gaza. Le message est limpide : aucun retrait israélien supplémentaire tant que le désarmement n'est pas constaté, documenté et validé par une autorité que personne ne peut accuser de partialité pro-israélienne.

Sur le papier, cela ressemble à une simple modalité technique du plan Trump. En réalité, c'est un coup stratégique. Depuis le début, le désarmement du Hamas est le point aveugle de tous les « plans de paix » : chacun le mentionne, personne ne dit qui le vérifie, ni comment. Or Israël connaît la musique. À chaque cessez-le-feu passé, le Hamas a reconstitué son arsenal pendant que la communauté internationale détournait le regard. Cette fois, Netanyahu refuse le scénario du désarmement déclaratif — celui où l'on signe un papier et où les tunnels se remplissent à nouveau.

Depuis le début, le désarmement du Hamas est le point aveugle de tous les « plans de paix »

Pour Israël, c'est une double victoire potentielle. Si le général américain constate que le Hamas rend ses armes, Israël obtient ce qu'aucune guerre seule ne garantissait : une démilitarisation certifiée par la première puissance mondiale. Si le Hamas refuse ou triche — hypothèse la plus probable au vu de ses tirs et de la bombe qu'il vient encore de faire exploser contre des soldats de Tsahal —, ce n'est plus la parole d'Israël contre celle du Hamas : c'est un rapport militaire américain qui l'établit. Le fardeau de la preuve change de camp.

Et c'est là l'angle que presque personne ne souligne : Netanyahu est en train de lier l'Amérique à Gaza par le haut. Un général américain sur le terrain, c'est le prestige des États-Unis engagé dans la réussite du désarmement. Trump, qui a fait de ce plan « son » accord historique, ne pourra pas tolérer que le Hamas l'humilie en trichant sous les yeux de son propre officier. Autrement dit, Netanyahu transforme un allié en garant — et fait du désarmement du Hamas un enjeu de crédibilité américaine, plus seulement israélienne.

Le pari comporte un risque : celui d'une tutelle qui, un jour, se retournerait contre les décisions israéliennes. Mais dans l'immédiat, c'est le Hamas qui se retrouve piégé. Refuser un superviseur américain, c'est avouer qu'on n'a jamais eu l'intention de désarmer. Et cet aveu-là, cette fois, se ferait face à Washington.

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