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Israël

Un général américain pour désarmer le Hamas : le pari qui change tout

En demandant qu'un général américain supervise la remise des armes du Hamas, Netanyahu ne cherche pas une caution : il verrouille Washington dans l'après-guerre et prive le Hamas de sa dernière échappatoire.

Selon un officiel israélien cité par le Times of Israël, Benjamin Netanyahu a demandé qu'un général américain supervise personnellement la remise des armes du Hamas à Gaza. La demande a été formulée lors de longues heures d'entretien avec Jared Kushner, l'envoyé du président Trump, venu faire avancer le plan de paix américain. Dans le même temps, Washington a fait savoir qu'il était prêt à soutenir de nouvelles opérations militaires israéliennes si le Hamas refusait de désarmer.

Lisons ce que cela signifie vraiment. Depuis des mois, le Hamas joue la montre : il accepte des « principes », conteste des « modalités », et compte sur la lassitude internationale pour conserver son arsenal — c'est-à-dire sa capacité à recommencer le 7 octobre. La semaine même de ces discussions, il faisait exploser une bombe et ouvrait le feu sur des soldats de Tsahal. Voilà l'organisation dont la Ligue arabe voudrait faire une victime du « blocage » israélien.

La manœuvre de Netanyahu est donc tout sauf protocolaire. Exiger un général américain, c'est transformer le désarmement d'une promesse vague en un engagement vérifiable, porté par la première puissance militaire du monde. Si le Hamas triche, ce n'est plus Israël qu'il défie : c'est directement les États-Unis. Et l'administration Trump a déjà annoncé la conséquence : feu vert à la reprise des opérations israéliennes. Le Hamas se retrouve face à un choix binaire qu'il a toujours fui — rendre les armes ou assumer d'affronter Jérusalem et Washington ensemble.

Si le Hamas triche, ce n'est plus Israël qu'il défie : c'est directement les États-Unis.

C'est une victoire diplomatique pour Israël, qui obtient ce que des années de résolutions onusiennes n'ont jamais produit : un mécanisme de désarmement avec un responsable identifiable, en uniforme, redevable devant un président.

Mais voici l'angle que personne ne souligne : cette demande crée un précédent stratégique qui dépasse Gaza. Si un général américain peut superviser le désarmement du Hamas, le même modèle devient opposable au Hezbollah au Liban — où Tsahal continue de frapper les tentatives de reconstitution de l'arsenal — et, demain, aux milices pro-iraniennes ailleurs dans la région. Netanyahu n'est pas en train de négocier la fin d'une guerre : il est en train d'écrire la doctrine de démantèlement de tout l'axe iranien, avec l'Amérique comme garant contractuel. Ceux qui n'y voient qu'un détail technique du plan Trump passent à côté de l'essentiel : à Gaza se joue le modèle de sécurité israélien pour la décennie à venir.

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