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Israël

Unité Nili : quand Israël choisit la justice ciblée plutôt que l'oubli

La presse française découvre Nili, l'unité qui traque les auteurs du 7-Octobre, et parle aussitôt de « kill list ». Retournons le miroir : ce que révèle vraiment ce dispositif, c'est qu'Israël a refusé l'impunité de masse — et qu'il a construit, faute de tribunal international disposé à juger le Hamas, sa propre chaîne de responsabilité.

·Source : TF1 Info

Plusieurs médias français, dont TF1 Info et Midi Libre, consacrent des articles à Nili, unité de renseignement israélienne chargée d'identifier et de traquer les personnes ayant participé au massacre du 7 octobre 2023. Selon ces récits, l'unité aurait constitué une liste de plusieurs milliers de suspects, nourrie par les images des caméras de surveillance, les vidéos filmées par les assaillants eux-mêmes, les téléphones récupérés, les interrogatoires. Certains titres résument l'affaire d'une formule : « kill list ».

Le choix du vocabulaire n'est pas innocent. Une liste de personnes identifiées comme ayant franchi la frontière pour violer, brûler, décapiter et enlever des civils, cela porte un autre nom : un dossier d'instruction. Le 7-Octobre n'a pas été une bataille anonyme ; il a été le crime de masse le mieux documenté de l'histoire récente, en grande partie parce que ses auteurs l'ont filmé avec fierté. Nili part de ces preuves. Nommer, individualiser, distinguer celui qui a tué de celui qui ne l'a pas fait : c'est exactement l'inverse d'une logique de représailles indistinctes.

Ce qui dérange, en réalité, c'est qu'Israël refuse la case qu'on lui assigne. On voudrait qu'il « tourne la page », qu'il accepte que les assassins de Beeri et du festival Nova se dissolvent dans une population, protégés par l'idée que rechercher un meurtrier serait déjà une agression. Aucune autre nation n'accepterait ce marché. La France traque encore ses criminels de guerre ; les commandos qui ont retrouvé les auteurs de Munich n'ont jamais été qualifiés de « liste de mort » par la presse européenne de l'époque.

L'angle que personne ne souligne : Nili est né d'un vide juridique international. Depuis deux ans, aucune juridiction internationale n'a ouvert de procédure d'ampleur contre les commandants du Hamas pour le 7-Octobre. Les mandats visant des responsables israéliens ont, eux, été instruits vite. Quand le droit international se dérobe pour une moitié du dossier, l'État visé reconstruit sa propre justice — et il le fait avec ses outils, militaires et de renseignement.

L'angle que personne ne souligne : Nili est né d'un vide juridique international.

C'est là le véritable enseignement, et il est inconfortable pour les capitales qui sermonnent Jérusalem : chaque fois que les institutions internationales appliquent deux poids et deux mesures, elles ne modèrent pas Israël, elles l'autonomisent. Le prochain Nili ne naîtra pas d'un excès de force israélien, mais d'un déficit de justice mondiale.

Une société qui, deux ans après, mobilise des analystes pour mettre un nom sur chaque assassin de ses enfants n'exprime pas une soif de vengeance. Elle affirme que ses morts ne sont pas des statistiques.

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