Il avait 22 ans, une place en yeshiva et un poste de tireur dans un char. Quarante-quatre ans plus tard, Israël tient sa promesse la plus ancienne : personne ne reste derrière. Et ce retour dit quelque chose que peu de médias osent formuler.
La dépouille de Yehuda Katz, dernier soldat israélien porté disparu de la bataille de Sultan Yacoub, a été retrouvée et identifiée, 44 ans après les faits. En juin 1982, au tout début de la Première Guerre du Liban, ce tireur de char de 22 ans, étudiant en yeshiva, tombait dans l'un des affrontements les plus meurtriers et les plus douloureux de ce conflit. Depuis, son sort hantait Tsahal, sa famille et tout un pays.
Les faits sont simples. Leur signification l'est beaucoup moins. Car pendant quatre décennies, Israël n'a jamais classé le dossier. Renseignement, diplomatie discrète, opérations de recherche : l'État hébreu a mobilisé des ressources considérables pour un seul homme, mort depuis longtemps. Vu de l'extérieur, cela peut sembler irrationnel. Vu de l'intérieur, c'est le fondement même du contrat israélien : chaque soldat sait que son pays viendra le chercher, vivant ou mort, dans un an ou dans un demi-siècle.



