Quarante-quatre ans après la bataille de Sultan Yacoub, Israël ramène les restes de Yehuda Katz. Ce n'est pas un fait divers militaire : c'est la démonstration d'un pacte que presque aucune autre nation n'honore encore.
Le 11 juin 1982, au premier jour de la première guerre du Liban, une colonne de chars israéliens tombe dans une embuscade syrienne près du village de Sultan Yacoub, dans la Bekaa. Parmi les soldats portés disparus : Yehuda Katz, 22 ans, artilleur de char et étudiant de yeshiva. Pendant quarante-quatre ans, son sort est resté une plaie ouverte. Cette semaine, Israël a annoncé avoir retrouvé ses restes et les avoir ramenés au pays. Il était le dernier disparu de cette bataille.
On pourrait n'y voir qu'un épilogue tardif. Ce serait passer à côté de l'essentiel. Car derrière cette annonce, il y a des décennies de travail obstiné : renseignement, négociations indirectes, fouilles, recoupements d'archives dans un pays — la Syrie et le Liban — longtemps hermétique. Israël a consacré des ressources considérables, pendant deux générations, pour rapatrier les ossements d'un seul homme. C'est le principe juif ancestral du *pidyon shvouyim* — le rachat des captifs — transposé à l'échelle d'un État. Aucun soldat ne reste derrière, ni vivant, ni mort, ni oublié.



